CHAPITRE IV.
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blement n’offrait pas de pierres qu’on pût jeter aux soldats;que, parmi les blessures faites aux citoyens, quatorzeavaient été reçues par derrière 1 ; que les événements du13 étaient le résultat inévitable de l’exaspération des es-prits, causée par une flagrante violation des lois ; que laconduite, soit de l’autorité municipale, soit de la gardenationale de Grenoble , avait été non-seulement sans re-proche, mais digne de la reconnaissance des citoyens.
Par ce faux point d'honneur, commun à tous les gou-vernements qui veulent faire prévaloir dans un pays leculte de la force, le ministère jura de réduire ses adver-saires, ne les pouvant convaincre, et il eut recours auxmesures les plus acerbes. Alors parut tout ce qu’il y a denaturellement servile au fond de la plupart des ambitionshumaines. Pour être fort, il suffit de le paraître : leshommes pusillanimes coururent à ceux qui disposaient desbaïonnettes et parlaient le langage de la dictature : l’en-quête commencée contre les agresseurs fut poursuiviecontre la population attaquée. Comme il était impossiblede mettre en cause toute la garde nationale de Grenoble ,et qu’on voulait se donner la satisfaction d’un triomphejudiciaire, on choisit, pour les faire juger, les deux frèresVasseur, MM. Bastide, Gauthier, Dubost et Huchet Und’eux, M. Bastide, était étranger à la ville; un autre,M. Huchet, était une des victimes de la funeste journée du12. De leur côté, tremblant de déplaire aux dépositairesde la force, aux dispensateurs de la fortune, des fonction-naires publics, qui avaient d’abord pris parti pour la villede Grenoble , se prononcèrent contre elle, à l’aspect desétendards flottants et au bruit des bataillons en marche.
1 Rapport de MM. Romain Bally et Joseph Breton, docteurs en médecine