CHAPITRE V.
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nant la conduite à tenir pour se préserver du choléra. Ony recommandait aux citoyens de se maintenir dans unegrande tranquillité d'àme, d’éviter les émotions fortes etla fatigue, de s'abstenir de tout excès, de favoriser et d'a-grandir dans leurs demeures l'action bienfaisante de lalumière, de faire usage de bains tempérés et de ceinturesde flanelle, de ne manger que des mets d’une digestionfacile, de se mettre en garde contre tout refroidissementsubit, et de ne pas coucher en trop grand nombre dans lamême pièce. Prescriptions fort sages sans doute, mais dé-risoires pour cette portion du peuple à laquelle une civili-sation inique mesure avec tant d’avarice le pain, le gîte,le vêtement et le repos!
Ajoutez à cela que les mesures prises n’étaient pas denature à mettre l’autorité à l'abri de tout reproche d'im-prévoyance. MM. Londe, Alibert, Dalmas, Sandras, Dubled,Boudard, membres de la commission médicale envoyéeen Pologne pour y étudier le choléra, ne furent appeléspar l’administration que sur les réclamations qui s’éle-vèrent dans quelques feuilles publiques. Les bureaux desecours, qui auraient dû être organisés à l’avance, ne s’é-tablirent que successivement au plus fort du trouble causépar l’invasion de la maladie. On remarqua que le bienfaitdes travaux de salubrité avait manqué aux 11° et 12' ar-rondissements. Le charnier des Innocents, foyer d'uneinfection continuelle, n’avait pas cessé de rester ouverttout le jour et une partie de la nuit. Le coin des rues Saint-Denis et de la Féronnerie était obstrué par les étaux desmarchands de poisson. Dans plusieurs mairies, on ne trou-va, pour constater les décès, ni assez d’employés, ni assezde registres. Enfin, l’hôpital temporaire du Grenier d'abon-