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HISTOIRE DE DIX AXS.
vait comparer à celle qu’on ressent lorsqu’on applique lesmains sur une grenouille. L'altération de la face, lescrampes du dos, des mollets, des avant-bras; les ridesprofondes, le rétrécissement de la peau des doigts, l’ab-sence du pouls radial, la froideur de l’haleine, étaientautant désignés auxquels on reconnaisait la période bleue.Dans la période suivante, lorsqu’elle était forte, le poulsreparaissait, la fièvre s’emparait du malade, ses yeux s’in-jectaient, sa face s’animait, se colorait, et il courait risqued’être emporté par des accidents cérébraux. Dans la pé-riode typhoïde, les narines et la langue étaient sèches,les yeux chassieux : il y avait prostration, rêvasseries,délire.
Sous le coup de cette effroyable maladie, l’administra-tion prit les mesures d’urgence. On s’occupa de l’assainis-sement de la ville. On songea enfin à faire entrer un peud'air et de lumière dans ces quartiers fangeuxoù l’on avaitsans remords laissé vivre et mourir le pauvre, quand tousn’étaient pas encore menacés. Le nombre des bornes-fontaines fut augmenté; les ruelles les plus étroites, lesplus infectes, furent pavéeset fermées ; des travaux rapidesnettoyèrent les immondices de l'île Louviers ; des ambu-lances s’élevèrent ; sur la décision prise par la commissioncentrale de salubrité, on créa dans chaque quartier unbureau de secours, auquel furent attachés des médecins,des pharmaciens, des infirmiers, des gardes-malades, etdans lequel on eut soin de réunir divers ustensiles, desmédicaments et des brancards. Les prisons ne furent pasoubliées, etM. Gisquet fit distribuer aux détenus des ali-ments plus abondants et des vêtements plus chauds.
En même temps, on publiait une instruction concer-
as.