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Tome troisième.
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CHAPITRE V.

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crut malade. La plus légère indisposition prenait, dansles imaginations effrayées, les proportions du choléra. Lesmédecins à grande clientelle n’eurent plus un instant derepos; on assiégeait leurs maisons à toute heure, et ilarriva que plusieurs ayant tardé à ouvrir aux visiteursnocturnes, leur porte fut enfoncée. De sorte que le mal-heur des cholériques fournis par la pauvreté s’aggravade tous les secours et de tout le temps que dérobaient àleurs souffrances réelles des symptômes imaginaires etles hallucinations de l’opulence troublée.

Et ce qui rendait l’épidémie plus effrayante encore,c’était la bizarrerie de ses effets et sa nature mystérieuse.Était-elle contagieuse? On le crut d'abord ; mais l’opinioncontraire ne tarda pas à prévaloir, les médecins, lesinfirmiers, les gardes-malades, n’ayant payé qu'un légertribut à la maladie. Quelques praticiens distingués persis-tèrent, néanmoins, à affirmer qu’ils avaient vu des cas decontagion; et peut-être pourrait-on concilier ces asser-tions contradictoires, en faisant observer que les mala-dies qui sont contagieuses ne l’étant toutes ni de la mêmefaçon ni au même degré, le choléra possédait probable-ment une action contagieuse extrêmement faible, et àlaquelle ne cédaient qu’un très-petit nombre de person-nes, particulièrement prédisposées à la subir. Mais oùétait le véritable siège du choléra? Quel était son modede propagation? Quelles lois avaient réglé son passage àtravers le monde? Quelles limites probables assigner à sadurée? Par quels moyens le combattre? 11 n'y avait sur-tout cela dans les meilleurs esprits que ténèbres et incer-titude. Il fut un moment question de’tirer des coups decanon dans les rues pour ébranler l’atmosphère, le doute