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HISTOIRE DE DIX ANS.
suggérant l'emploi des moyens les plus bizarres. Mais lecholéra résultait-il d'une altération de l’air? Un membrede la commission centrale de salubrité, M. Julia de Fonte-nelle, s’occupa de recueillir ce fluide sur divers pointsde la capitale, et l'analyse qu'il fit de l’air en démontrala pureté. Les observations générales tendaient à prouveret tout le monde paraissait convaincu que la misère, leshabitations malsaines, la malpropreté, les écartsderégime,la débauche, la faiblesse de complexion, la terreur étaientautant de prédispositions au choléra. Cependant, on eûtdit que le fléau se plaisait à déconcerter la science hu-maine et à déjouer l'expérience. Des hommes robustes etsains, des femmes brillantes de jeunesse et de santé, suc-combaient misérablement, tandis qu’à côté d’eux étaientépargnés de faibles vieillards, des êtres infirmes et usés,des hypocondriaques. Des hommes insouciants ou coura-geux eurent un sort funeste, auquel échappèrent des per-sonnes livrées à tous les tourments de la peur. A Passy,où l’air est si pur, le nombre des décès s’éleva à vingt-sixpar mille habitants, tandis qu'il y eut à peine seize mortspar mille habitants dans l’atmosphère empestée de Mont-faucon. Parmi les communes rurales, si quelques villages,remarquables par leur salubrité, tels que Chàtenay, Vitry,le Plessis-Piquet, Rosny, Sceaux , Chàtillon, eurent peuou point de cholériques, d’autres qui se trouvaient dansles mêmes conditions de bonne tenue et d’édilité, tels queSaint-Ouen, Fontenay-sous-Bois, Asnières, Puteaux , Su-resnes, comptèrent de trente-cinq à cinquante-cinq mortssur mille habitants. Certaines professions, jugées mor-telles, se trouvèrent privilégiées. C’est ainsi que, parmides ouvriers employés à disséquer des animaux en pidré-