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Tome troisième.
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CHAPITRE V.

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requêtes, fut chargé de rétablir les tables négligées ; et,dans certains hôpitaux, l'affluence des moribonds devintsi considérable, qu’on cessa de les inscrire : on se conten-tait de marquer leur arrivée par des raies faites sur le mur.

Mais d'aussi grands maux ne furent pas sans trouverquelque adoucissement dans la charité publique. Les ali-ments substantiels ayant été indiqués comme préservatifs,le duc d'Orléans faisait distribuer depuis trois mois, auxindigents, quatre ou cinq mille rations de riz par jour, sibien que. pour beaucoup de pauvres, l’approche du cho-léra avait presque été un bienfait ! Le choléra une fois en-tré à Paris , les actes de générosité se multiplièrent, parun phénomène assez nouveau dans les annales de la peste.Ainsi, dans cette ville où tant de luxe a coutume d'insul-ter à tant de misère, où l’on calomnie si volontiers lasouffrance pour se dispenser de lui tendre la main, dansce Paris sans âme, il y eut tout-à-coup je ne sais quel im-pétueux élan de philanthropie. Les bureaux de bienfai-sance redoublèrent de sollicitude. Des souscriptions furentouvertes partout et remplies avec empressement. La ma-nufacture des glaces de Saint-Gobain lit don à la capitalede 12,000 kilogrammes de chlorure. On put citer des traitstouchants d’abnégation et de zèle. Le curé de Saint-Ger-main-l’Auxerrois, par exemple, vivait retiré à la campagnedepuis la dévastation de son église ; à la nouvelle du cho-léra, il revint à Paris en toute hâte, malgré son grandâge, pour aller reprendre sa place dans son presbytère etporter les secours de la religion aux agonisants. Les élèvesde l’école de médecine offraient de toutes parts leurs ser-vices. Plusieurs femmes du peuple se présentèrent pourremplir gratuitement l'office d'infirmières. On apportait