CHAPITRE V.
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« rets et les étaux des bouchers, avec des fioles et des pa-ie quels de poison, soit pour en jeter dans les fontaines« ou les brocs, et sur la viande, soit même pour en faire« le simulacre et se faire arrêter en flagrant délit par des« complices qui, après les avoir signalés comme attachés« à la police, favoriseraient leur évasion, et mettraient« tout en œuvre pour démontrer la réalité de l’odieuse« accusation portée contre l’autorité. »
Il n’en fallut pas davantage pour confirmer le peupledans ses soupçons. Alors fut, pour un instant, soulevé levoile qui dérobe aux yeux du riche le fond hideux del'état social dont il veut jouir ; alors, au travers de cettesociété mise en mouvement dans toute son étendue, onput entrevoir ce que la civilisation moderne recèle en sesabîmes. De l’ombre de ces quartiers où la misère se laisseoublier, sortirent soudain, pour inonder la capitale, desmasses d’hommes aux bras nus, au visage sombre, auregard plein de haine. Que cherchaient-ils? Que deman-daient-ils ? Nul ne le disait. Seulement, ils exploraient laville d’un œil défiant, et s’agitaient avec des murmuresfarouches. Les meurtres ne tardèrent pas. Passait-on munid'une fiole ou d’un paquet, on était suspect. Un jeunehomme fut massacré rue du Ponceau, pour s’être penchéà la porte d’un marchand de vin, dans le but de savoirl’heure ; un autre eut le même sort, près du passage duUaire, pour un motif à peu près semblable ; un troisièmefut mis en lambeaux, dans le faubourg Saint-Germain,pour avoir regardé dans un puits ; un juif périt, parce que,marchandant du poisson à la halle, il s’était mis à rired’une manière étrange, et qu’on avait trouvé sur lui, ene fouillant, un petit sachet de poudre blanche, laquelle