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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

n’était autre chose que du camphre ; sur la place de Grève,un malheureux fut arraché du poste de l’Hôtel—de-Yille,où il avait cherché asile, on l'égorgea, et ses restes san-glants , un charbonnier les fit déchirer par son chien.Scènes affreuses qui sont le crime de la société, partout oùrègne un injuste partage des jouissances et des lumières J

Et mille circonstances déplorables se réunissaient pourentretenir le peuple dans l'erreur. On aperçut dans plu-sieurs rues, de longues traînées de vin et de vinaigre ;des dragées colorées furent semées dans différents quar-tiers ; des mains inconnues glissèrent pendant la nuit sousles portes cochères des morceaux de viande ; on parlait degâteaux empoisonnés donnés, sur divers points, à de pe-tites filles. Comment tout cela n'aurait-il pas agi surl'imagination du peuple, surtout après la publicationd’une circulaire où une conspiration d’empoisonneursétait officiellement dénoncée par la police?

Car une sorte de vertige semblait s’être emparé de tousles esprits. Douze mille francs, offerts aux cholériques parM. de Chateaubriand, au nom de la duchesse de Berri,furent refusés durement par le préfet de la Seine ; calculaussi injuste que mesquin, espèce de coup-d’État contre lacharité ! Jamais plus de fiel n’était entré dans les récrimina-tions réciproques des partis ; jamais les passions politiquesn'avaient paru plus prêtes pour le combat. Ici, des jeunesgens étaient impitoyablement chargés sur la place Ven-dôme, pour avoir couronné d’immortelles les aigles impé-riales ; là, une bande courait attaquer Sainte-Pélagie, etles prisonniers se soulevaient, pendant que, de leur côté,les agents delà force publique pénétraient dans la prison,faisaient feu, et renversaient mort un infortuné détenu,

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