CHAPITRE VI.
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chai Bourmont était arrive à Massa , ainsi que MM. dePastoret, d'Escars, deKergorlay. Ils surent de la duchessede Iîerri qu'elle n'avait qu’une connaissance très-impar-faite des pouvoirs queM. de Blacas avait reçus de Charles X ;ils contraignirent le favori à les montrer; et leur étonne-ment fut au comble lorsqu'ils virent que ces pouvoirs, touten accordant à la mère de Henri V le titre de régente, enconféraient à M. de Blacas toutes les fonctions et toutel’autorité. Des conférences secrètes eurent lieu à Lucques .M. de Kergorlay y combattit avec beaucoup d’énergie ledroit que s'arrogeait Charles X de disposer de la régenceaprès une abdication volontaire et formelle. MM. de Bour-mont et d'Escars se rangèrent del'avis de M. de Kergorlay.M. de Pastoret, dont ces ardents débats alarmaient la mo-dération, se contenta de faire remarquer que l'acte relatifà la régence était de plusieurs mois postérieur à l'abdica-tion et conséquemment irrégulier. Seul, M. Billot, soutintles prétentions de M. de Blacas, sur la demande duquelon l'avait mandé à Massa. Au sortir de ces discussionsbrûlantes, M. de Kergorlay écrivit à Charles X , pour luiexprimer sa conviction, une lettre pleine à la fois de res-pect et de fermeté Quant à M. de Blacas, il sortait vaincu
Sire,
•T'ai assisté ici à quelques conférences qui ont été tenues dans les intérêtsde Henri Y et de la France , en présence de la mère de son jeune roi. Dansune de ces conférences il a été donné lecture de deux déclarations : l’une endate du 24 août 1830, l’autre postérieure, par lesquelles Votre Majestéannonce son intention de nommer Madame régente, et de régler les condi-tions de cette régence.
Personne ne saurait avoir appris avec plus de douleur que moi, le malheu-reux acte du 2 août 1830, par lequel Votre Majesté abdiqua la couronne deFrance . Cet acte, par sa nature, ne semblait pas rétractable ; il ne fut pas