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HISTOIRE DE DIX ANS.
des conférences de Lucques. M. de Metternich eut beaul’appuyer chaudement auprès de la duchesse de Berri, ellen'attendit plus qu'une occasion pour l’éloigner.
d'ailleurs rétracté après l’arrivée de Votre Majesté sur la terre étrangère. 11ne resta à vos fidèles sujets qu’à se résigner. Ils comprirent que Votre Majestén’ayant soumis à aucune réserve ce dernier acte de volonté souveraine,avait abdiqué à la fois toutes les fonctions de la royauté. J’émis donc, dansla conférence dont je viens de parler, l’opinion que Votre Majesté, en abdi-quant la couronne, n’avait pu conserver ni le pouvoir de nommer à larégence, ni celui d’en régler les conditions.
11 est vrai que Votre Majesté, par l’acte même de son abdication, nommamonseigneur le duc d’Orléans lieutenant-général du royaume, et l’on peutdire aussi que cette nomination funeste ne fut pas contestée. Je ne me pro-pose pas d’examiner ici si elle devait l’être : les exemples, au reste, que lesdispositions testamentaires de nos rois, relatives à la régence, n’aient pasété suivies après leur mort, ne manquent pas dans notre histoire. Mais quandon admettrait comme incontestable la validité de la nomination d’un lieu-tenant-général du royaume contenue dans l’acte même d’abdication, il nerésulterait pas de là que l’on pût soutenir la validité de nouvelles dispositionsdu roi, relatives à la régence, qui porteraient une date postérieure à celle deson abdication. A la vérité, Monseigneur le duc d’Orléans s’étant, par lecrime de son usurpation, rendu à jamais indigne de la lieutenance-généraledu royaume que Votre Majesté lui avait confiée, on pourrait concevoir qu’aumoment même où le roi aurait appris cette indignité, il eût cru devoir sereporter à l’époque, antérieure de peu de jours, à laquelle il avait fait cettenomination, et suppléer à son annulation nécessaire, en lui en substituantune nouvelle, sans prendre en considération quelques jours écoulés dansl’intervalle ; maisla fiction par laquelle on se reporterait à un temps écoulédepuis peu de jours ne peut s’étendre avec la moindre vraisemblance à undélai de plus d’un an, et il faut bien qu’après un silence si prolongé laréalité remplace la fiction.
La réalité est que, l’addication d’un roiétantsa renonciation volontaire àl’exercice des fonctions royales, il a renoncé en abdiquant à tout exerciceultérieur de la fonction royale de disposer de la régence. La renonciation demonseigneur le Dauphin à ses droits à la couronne de France en faveur deson neveu, équivaut pendant la durée de la vie de Henri V, à son abdicationcomplète, et doit en conséquence avoir, relativement à la régence actuelle,les mêmes effets.