CHAPITRE VI.
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En tout état de cause, éloigner M. de Blacas était indis-pensable. Après de longues tergiversations qui, chez laprincesse, avaient leur source dans la crainte de déplaireà Charles X , on s’arrêta au parti que voici : La duchessede Berri, dans une lettre ferme et mesurée, représenta auduc de Blacas qu’il y avait d’immenses inconvénients dansla co-existence de deux centres d’action placés, l’un enÉcosse, l’autre en Italie ; que la plus grande unité devaitprésider aux efforts des royalistes, et que, pour ce qui laconcernait, elle était inébranlablement décidée à rester auposte que lui assignaient les plus chers intérêts de son fils.Elle finissait en demandant au duc de Blacas, comme unservice d’ami, de partir pour EÉcosse et d’y porter toutesces considérations à la connaissance de Charles X . Le ducse soumit, et quelque temps après il était en route pourÉdimbourg .
Ainsi délivrée d’une tutelle importune, Marie-Carolinepoursuivit son entreprise avec une suite et une vigueursurprenantes chez une femme, et en présence d’aussinombreux obstacles. Les correspondances avec le Midi etla Vendée redoublèrent d’activité. Le duc d’Escars par-courait les provinces méridionales dont il devait prendrele commandement; des proclamations et des ordonnancesfurent préparées 1 ; un acte, daté de Massa, établit à Paris
1 PROCLAMATION' DE S. A. R. RÉGENTE DD ROYAUME.
Soldats!
Une funeste révolution a violemment séparé de la France la famille deses rois ; cette révolution s’est faite sans vous ; elle s’est faite contre vous :fidèles au devoir et à l’honneur, vous vous êtes soumis par nécessité; voscœurs n’ont pas adhéré à l’usurpation.
Soldats, les intérêts de la patrie me ramènent au milieu de vous, la petitefille de Henri IV vient demander votre appui. Elle le demande au nom des