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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Caroline s v montra intrépide et alerte, et ce fut avec uneinquiétude mêlée d’orgueil que ceux de ses chevaliers quirestaient à bord, la virent s’éloigner sur un frêle esquifà travers les ténèbres d'une nuit sinistre.

La côte avait été reconnue long-temps à l'avance. Marie-Caroline aborda sans accident. Mais pour parvenir jusqu’àla chaumière où on lui avait préparé un asile, il y avait àgravir des rochers que n’escaladaient pas sans crainte lescontrebandiers les plus hardis- La princesse parcourutgaiment ce chemin difficile, préparée qu’elle était à tousles dangers, pourvu qu’elle arrivât au triomphe.

Pendant ce temps, un singulier concoursde circonstancesrépandait à Marseille le bruit du débarquement de laduchesse de Berri. Dans la soirée du 28, un de ses plusdévoués partisans, inquiet du retard dont nous avons ditles causes, avait loué au patron Tarteiron un bateau danslequel il déposa des filets et des fusils pour faire croire àune partie de pêche et de chasse. Ce bateau, sorti du porlde Marseille , se porta vers les îles de ltiou dans la directiondu Phare de Planter. L’inconnu qui l’avait loué donnaitdes signes non équivoques d'anxiété; il demanda delàlumière pour lire un papier et regarda sa montre. Maisbientôt un autre bateau pêcheur ayant paru, il y eutéchange de paroles mystérieuses, et la barque de Tartei-ron reçut tout-à-coup l'ordre de regagner la côte. Or, parun fâcheux hasard, les gens de cette barque entrèrent,pour se sécher, dans le même cabaret queceux qui venaientde débarquer la duchesse de Berri. Des mots imprudentsfurent prononcés, on but à la santé de la princesse, et enpeu de temps, l'autorité fut informée par la rumeur pu-blique d’une nouvelle qu’il eût été si important de cacher.