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Tome troisième.
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CHAPITRE VI.

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La traversée se fit sans encombre, grâce à l'aveuglementet à l’impéritie de la police de Paris. En vue d’Antibes ,le Carlo-Alberto passa tout près d’un bâtiment de la croi-sière française , sans attirer son attention, et. après avoirtraversé le golfe d’Hyères, il s’approcha tellement de Tou-lon que les passagers pouvaient compter les sabords desfrégates en rade. La navigation, du reste, fut beaucoupplus lente qu’elle n’aurait dù l’être, d’abord parce qu’onfit la faute de gouverner trop au large et de ne point pro-fiter des courants qui, près des côtes, auraient rendu plusrapide la marche du navire; ensuite parce que, faute d’uneprovision de charbon suffisante, on fut obligé de relâcherà Nice. Ce fut le 28 seulement, vers minuit, que le Carlo-Alberto aperçut le Phare de Planier, aux environs duquelétait fixé le rendez-vous. A deux heures du matin, deuxlanternes furent hissées, l’une au mât de misaine, l’autreau mât d’artimon; et la barque attendue ne tarda pas àrépondre à ce signal. Aussitôt, et pour déjouer toute sur-veillance, MM. de Kergorlay, de Bourmont, de Mesnard,de Brissac, qui devaient accompagner à terre Marie-Caro-line, revêtirent des costumes de pêcheurs. Le vent du midis’était levé, le ciel se couvrait de nuages, la mer étaithouleuse, et le voisinage d’un bâtiment croiseur, chargéde surveiller la côte de Carry, ajoutait un péril de plus àtous les périls de la tempête. Cependant, conduite parM. Spitalier,. la barque approche, le mot d’ordre estéchangé. Tel était le ballotement causé par l’agitation dela mer, que la barque fut lancée violemment contre letambour d'une des roues du Carlo-Alberto , et l’on eût ditqu’à tout instant elle allait disparaître sous les flots. Letransbordement ne s’opéra donc pas sans difficulté. Marie-