CHAPITRE VH.
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menin tenait la plume ; mais, à l'indécision du style et àsa couleur un peu terne, on peut juger que ce n’était pasl'étincelant et vigoureux auteur des Lettres sur la listecivile qui avait le plus contribué à la rédaction du compte-rendu.
Quoi qu’il en soit, l’effet produit fut très-remarquable.Les griefs de l'Opposition étaient exposés avec mesure etgravité ; on reprochait aux ministres leur tendance à s’en-gager dans les voies fatales où la Restauration s'étaitégarée sans retour : ce n’était pas une menace, mais c’étaitun avertissement austère et solennel '. Les écrivains decour répondirent à ce manifeste par de froides railleries,et la polémique soulevée à ce sujet occupait tous les esprits,quand les journaux annoncèrent tout-â-coup que le géné-ral Lamarque venait de mourir.
La popularité du général Lamarque donnait à sa mortune importance particulière. Napoléon expirant l'avaitnommé maréchal de France ; les officiers des Cent-Joursavaient eu en lui un zélé défenseur et les réfugiés un pro-tecteur persévérant ; son nom était gravé dans l’âme detout Polonais fidèle ; la Vendée gardait de son passage unsouvenir ami ; le parti démocratique l’avait compté au
nombre de ses orateurs.que fallait-il de plus ? Tribun
et soldat, il possédait ce mélange de qualités qu’adore lapartie vive du peuple français , la partie turbulente etguerrière. Il y avait, d'ailleurs, quelque chose d'héroïquedans ce qu'on racontait de son agonie. Sentant la vie seretirer de lui, on l’avait vu recueillir en quelque sorte tou-tes ses forces dans une préoccupation amère des maux etdes humiliations de son pays. A l’un il disait : « Je meurs1 Voir aux documents historiques, n° 3.