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HISTOIRE DE DIX ANS.
où le 6' régiment de dragons tout entier se tenait prêtamonter à clieval. Le reste des troupes avait été consignédans les casernes, et des ordres avaient été donnés pourfaire venir au besoin des régiments auxiliaires de Ruel, deCourbevoie et de Saint-Denis. I)e sorte qu’à cette révoltequi n’était encore que dans l’air, le gouvernement avaità opposer une armée soldée d'au moins vingt-quatre millehommes'.
Le cortège se mit en marche. Les coins du drap mor-tuaire étaient tenus par le'général Lafayette, le maréchalClauzel, M. Lallitte et M.'Mauguin. Des jeunes gens traî-naient le char funèbre,^que suivaient des proscrits venusde tous les points de cette Europe , esclave des rois. Deuxbataillons seulement composaient les troupes d’escorte,mais les gardes nationaux faisaient partie du convoi, aunombre d'environ dix mille, ayant tous le sabre au côté.Les artilleurs de la garde nationale s'étaient munis de car-touches, ils avaient leurs mousquetons chargés, et parmiles membres des sociétés populaires, beaucoup portaient,à demi-cachés sous leurs habits, des pistolets ou des poi-gnards. Le temps, incertain et pluvieux, semblait ajouterà cette tristesse, mêlée de colère ou d'effroi, qui pénétraittoutes les âmes. Arrivé à la hauteur de la rue de la Paix,
1 Les troupes appelées à concourir à l’action se peuvent évaluer ainsi :11 y avait six régiments de ligne et trois régiments d’infanterie légère
à 2,000 hommes.18,000
Huit régiments de cavalerie, à 500 hommes.4,400
Garde municipale à pied et à cheval.2,000