CHAPITRE VH.
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la Société des .Unis du Peuple, se formaient en pelotonset se choisissaient, des chefs; cent bannières de forme etde couleur diverses llottaient dans les airs; ceux-ci por-taient des flammes tricolores, ceux-là des rameaux deverdure, quelques-uns montraient leurs armes avec me-nace. Mais un même sentiment perçait à travers cette infi-nie variété d’attitudes et de mouvements. Chose étrange !de toutes parts on se rendait à des funérailles, et c’étaientdes pensées de guerre qui éclataient dans tous ces regardsinquiets, sur tous ces visages pâles d’émotion. Les ru-meurs les plus alarmantes circulaient; on se parlait à voixbasse dans certains groupes, tandis que du milieu desgroupes voisins sortaient des clameurs confuses ; et tousde supposer un vaste complot, les uns parce qu'ils le dé-siraient, les autres parce qu’ils en avaient peur. Car, cha-cun sentait bien de quelle maladie était travaillée la so-ciété française, société si pleine en effet de trouble et dedésordre, qu'il suffisait, hélas! d’en rapprocher tous leséléments pour faire jaillir de leur contact une effroyablecatastrophe !
Aussi le gouvernement avait-il eu soin de faire de Paris un champ de bataille. Quatre escadrons de carabiniersoccupèrent la place Louis XV; un escadron de dragonsfut envoyé à la Ilalle-aux-Vins; un autre couvrit, avec unbataillon du 3 e léger, la place de Crève ; le 12 e léger atten-dait le convoi sur la place de la Bastille ; il y avait dessoldats dans la cour du Louvre ; il y en avait dans le quar-tier des étudiants; la garde municipale était échelonnéesur toute la ligne qui s’étend de la préfecture de police auPanthéon, et un détachement de cette garde protégeait leJardin des Plantes , non loin de la caserne des Célestins,
ni.
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