CHAl’lTItE VII.
était chancelante, et l'on n'ignorait pas que l’épée debeaucoup d’olliciers appartenait à la cause de la Répu-blique ou à celle de l'Empire. 1! est certain que, lorsquele cortège atteignit la place de la bastille , un officier du12 e léger s'avança vers le chef du premier peloton d’étu-diants et lui dit : « Je suis républicain : vous pouvez« compter sur nous, » et l’on vit plusieurs sous-officiersrépondre par des signes d’assentiment à l'invitation defraterniser avec le peuple. Cependant, le bruit s'était ré-pandu que les élèves de l'École polytechnique avaient étéconsignés; on ajoutait qu'ils avaient demandé vainementqu’un seul de leurs camarades sortit pour aller tenir undes cordons du corbillard. Soudain ils paraissent, aunombre de soixante environ, la plupart tète nue et leshabits en désordre. Forçant la consigne, ils avaient ren-versé le général Tholosé, qui voulait s'opposer à leur sor-tie, et ils accouraient, prêts à se jeter dans l'insurrection.Des salves d’applaudissements, des cris de vive l'École!vive la république! saluèrent la présence d’un uniformedepuis 1830 si cher au peuple, et la musique du régimentqui précédait le corbillard joua spontanément la Marseil-laise. l.e cortège avait traversé la place de la Bastille , ilavait parcouru tout le boulevard Bourdon, entre le canalSaint-Martin et les Creniers d'abondance, et. passant lepetit pont situé à l'extrémité du canal, il couvrait l'em-placement compris entre ce pont et celui d’Austerlitz : cefut là qu’on fit halte.
l’ne estrade avait été préparée pour les discours d'adieu.Ceux que prononcèrent le général Lafavette, le maréchalClauzel, M. Mauguin, les généraux étrangers Saldanha etSercognani, furent, comme il convenait, tristes, graves et