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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

solennels. Mais aux. paroles calmes ne tardèrent pas à suc-céder les harangues les plus véhémentes, et l'effervescencepopulaire s'en accrut. Des hommes, vêtus élégamment,couraient ça et là dans la foule et cherchaient à l'exciterpar de fausses nouvelles, disant qu’on se battait à l'Hôtel-de-Ville, ou qu'un général venait de se déclarer contreLouis-Philippe , ou que les troupes, enfin soulevées, al-laient marcher sur les Tuileries ; les artilleurs de la gardenationale se concertaient; des cris de Vive la République!

se faisaient entendre_ Tout-à-coup un inconnu arrive,

monté sur un cheval qu'il fait mouvoir avec peine au mi-lieu de la cohue immense. La figure de cet homme est si-nistre, il est vêtu de noir, et tient à la main un drapeaurouge surmonté d'un bonnet phrygien. C'était le souvenirde 93 qu’on faisait revivre aux yeux de la bourgeoisie.L’indignation fut grande, surtout chez les républicains,dont cette apparition effrayante tendait à calomnier lesdoctrines. Un même cri de réprobation partit de toutesles bouches, et pourtant, quelques-uns applaudirent, soitpar l'effet d'un fanatisme imbécile, soit avec l'intentionperfide de rendre odieuse la cause delà république. Legénéral Excelmans était dans le cortège. « Pas de drapeau« rouge, s’écria-t-il avec force; nous ne voulons que« le drapeau tricolore : c’est celui de la gloire et de la« liberté ! » Alors deux hommes suspects s'élancèrent verslui, criant qu'il fallait le précipiter dans le canal. 11 quittala mêlée, rencontra le comte de Flahault, et se rendit aveclui en toute, hâte aux Tuileries . Craignant, comme le gé-néral Excelmans, que le parti qui poussait au mouvementne fût celui d'un jacobinisme sanguinaire, beaucoup decitoyens ne songèrent, plus qu'à s’armer contre l'insurrec-