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Tome troisième.
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CHAPITRE VU.

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« si nous jetions le général dans la Seine , comment le« gouvernement repousserait-il le soupçon de l'avoir« sacrifié? » Et lui, faisant allusion à ces mots cruels, ildisait avec cette grâce qui jamais ne l'abandonna : « Mais« ce n’était pas une si mauvaise idée ! » Puis, comme onréclamait son concours, il s’écria, malade et fatigué qu’ilétait : «Mes amis, trouvez un endroit où l’on puisse placer« une chaise et je vous y suivrai. » Abreuvé de dégoûts,jouet d’une ingratitude qu'il rappelait sans cesse, plus quejamais irrité des outrages dont la Cour poursuivait savieillesse, il sentait en lui des haines vigoureuses, qui, semariant à son patriotisme et à son courage, le rendaientimpatient de se venger. Mais il manquait absolument d'i-nitiative, et ses amis n'osaient prendre sur eux de disposerd’une vie aussi précieuse. Sa popularité fut donc encoreune fois inutile h son parti et à lui-même.

On aurait pu, il est vrai, s’emparer de sa réputation ; etil est à croire qu'une proclamation créant un gouverne-ment provisoire, et répandue, le 6 au matin, à plusieursmilliers d’exemplaires, aurait eu un résultat décisif. Car.dans ce cas, la révolution de 1830 revivait avec des cir-constances semblables. Beaucoup de personnages mar-quants se laissaient entraîner par le grand nom de La-fayette ; la moitié de la garde nationale passait du côté deson ancien chef ; les troupes restaient indécises ; et, com-mencée par des gens de cœur, l’insurrection, en prenantde la consistance, attirait à elle tous les égoïstes, tous lesambitieux, tous les lâches. Mais au-dessus de ceux qui sebattaient, rien ne fut tenté, rien ne fut osé. Les bureauxde la Tribune avaient été envahis par des agents de policemêlés à un détachement de gardes nationaux, et l'on avaitUI. 19