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HISTOIRE DE DIX AXS.
nistre de la guerre. Ce jeune homme était allé sonder lesdispositions du général Subervic, et il se disait autoriséà provoquer une entrevue entre Armand Carrel et lemaréchal Clausel. Carrel le suivit en elï'et chez le maré-chal; mais il trouva celui-ci très-froid, très-prudent, etmanifestement dominé par la crainte de se livrer. A sontour, il se tint sur la réserve, et de cet entretien il résultapour lui. ainsique pour le maréchal, la conviction, erro-née peut-être, mais profonde, que le ministre de la guerreavait voulu pénétrer leurs secrets, afin de s'associer àl'insurrection pour peu qu'elle eût des chances, ou de seménager, dans le cas contraire, les moyens les plus sûrsde la déjouer.
Mais si l'hésitation était grande chez ceux qu’on atta-quait, elle n'était pas moindre chez ceux que leur positionappelait à diriger l'attaque. Deux élèves de l'École poly-technique avaientcomptésurM. Mauguin : ils le surprirenttroublé au plus haut point, et ne purent lui arracher quedes paroles pleines de découragement. Le maréchal Clauzelne se montrait pas plus résolu ; il répondit à un artilleurqui le pressait, au nom du parti, de tirer l’épée : « Je me« joins à vous, si vous êtes assurés du concours d'un« régiment. — Eh! monsieur, répliqua brusquement« l'artilleur, si, à l'heure où je vous parle, un régiment« était à nos ordres, nous n’aurions pas besoin de vous.»Seul, parmi les personnages qui avaient un long passé àcompromettre et une fortune considérable à risquer, seulM. de Lafayette s'otlrit tout entier. Delà voiture où onl’avait placé pour le conduire à l'Ilôtel-de-Ville, tentativeavortée, le noble vieillard avait entendu un de ceux qui letraînaient dire à son voisin, par manière de plaisanterie :