CHAPITRE VU.
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blessés, ils passèrent impunément à travers les lignes dessoldats.
Cette victoire fut célébrée par des transports qui ne fu-rent exempts ni de cruauté ni de scandale. Il y avait eu ducôté de la garde nationale des actes éclatants de courage,et l’adjudant Bellier, tué sur la barricade de la rue Saint-Martin, prouvait qu’en France la bravoure est de tousles partis; mais, comme il arrive toujours, ce furentles moins braves qui troublèrent la ville du bruit deleurs chants de triomphe. Presque désert dans la matinéedu 6, le Château fut encombré, dans la soirée du mêmejour, par la foule des visiteurs. Chacun revenait de lacampagne, chacun se désolait d’avoir manqué l’heure dudévoùment.
Le lendemain, un calme profond régnait dans la plu-part des quartiers de Paris ; toutes les boutiques y étaientouvertes : les citoyens y vaquaient à leurs travaux accou-tumés. Il y avait toutefois dans cette ville distraite, unpoint où se reconnaissaient les traces de la guerre civile,un point vers lequel couraient des mères en pleurs : laMorgue.
La résistance des insurgés de Saint-Méry avait été opi-niâtre et presque inconcevable. Aussi, plusieurs ont-ils cruque le gouvernement l’avait favorisée, pour agrandir savictoire et rattacher plus étroitement à sa cause, par l’é-pouvante, la majorité de la bourgeoisie. Il est certain quedeux traîtres combattaient dans les barricades. Mais outreque le calcul supposé est complètement invraisemblable àforce d’atrocité et d’infamie, comment admettre que deshommes sensés eussent pu juger habile une aussi misé-rable combinaison? Un gouvernement ne saurait être in-