CHAPITRE VII.
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qui mettait la capitale en état de siège, coup d'État inop-portun dû à l’initiative étourdie de M. Thiers !
L’opinion gronda aussitôt. La cour royale de Paris eutbeau, sur les réquisitions du procureur-général Persil, sedéclarer incompétente pour tout ce qui touchait aux trou-bles des 5 et 6 juin, les conseils de guerre, établis enpermanence dans la capitale, ne firent que paraître sur lascène. Saisie du pourvoi d'un jeune peintre nommé Geof-froy, qu’un de ces conseils de guerre avait condamné àmort, la cour de cassation décida, sur la plaidoirie deM. Odilon Barrot et contrairement aux conclusions deM. Yoysin de Gartempe fils, avocat-général, que le conseilde guerre de la première division militaire avait commisun excès de pouvoir 5 que les règles de la compétenceavaient été violées ; qu’on avait forfait à la Charte l .
Une approbation universelle, immense, accueillit cetarrêt mémorable, devant la majesté duquel le gouverne-ment dut s’incliner, quoi qu’il se reconnût par là coupabledu même attentat que la révolution de juillet avait faitexpier à Charles X .
Ce fut, par conséquent, devant le jury que comparurenttous les vaincus du mois de juin. Et alors se firent jources grands caractères, ces natures d’élite, qui, dans lestemps calmes et les civilisations imparfaites, restent à ja-mais comprimés sous un inflexible niveau. C'est ainsi que,dans un des procès auxquels donna lieu l’insurrection,on remarqua l’attitude courageuse et noble, l'éloquencesimple, mâle et entraînante d’un tailleur nommé Prospert.
On a vu de quelle manière Jeanne était sorti des bar-ricades. Depuis, la police n’avait cessé d’avoir l’œil sur1 Voir aux pièces justificatives, n° 4.