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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AKS.

lui, avertie quelle était de ses moindres démarches parun traître dont elle soldait probablement le déshonneur.Mais, comme Jeanne était en rapport avec plusieurs so-ciétés politiques, onlui laissait uneliberté compromettantepour ses amis et pour lui-môme. On l’arrêta enfin, et ilfut traîné devant ses juges. C’était un de ces hommes quecréent les circonstances. Plus passionné dans ses senti-ments que scrupuleux, dans sa conduite, et trop esclavede ses besoins pour avoir mené une jeunesse irréprochable,Jeanne portait en lui ce fonds de poésie et de sensibilitéqui fait les héros d’un jour. Il s’était montré généreux etbrave au plus haut point dans les barricades : après avoirétonné ses ennemis, il étonna ses juges. Voici son inter-rogatoire :

« Le 5 du mois de juin, vous assistiez au convoi? —Oui, Monsieur.— Sur les cinq heures, n’étiez-vous pas aucarrefour St.-Méry? — Oui, avec l’arme que j’étais alléprendre chez moi. — Vous avez travaillé a la barricade?

— Oui. Deux gardes nationaux avaient été tués près demoi sur le boulevard ; on avait tiré sur nous sans provo-cation : je courus à mes armes. — N’avez-vous pas, lepremier, commandé le feu? — Non, une balle venait dem’atteindre au milieu des reins et m'avait renversé. Je mesuis levé toutefois, et j’ai tiré un coup de fusil, un seul, carils avaient fui. — N'ètes-vous pas resté toute la nuit der-rière la barricade? — Oui, et je faisais feu. — Ne distri-buiez-vous pas des cartouches? — Oui, quand il en étaitbesoin. — Le lendemain, vous avez tiré toute la journée?

— Toute la journée. — N'ètes-vous pas un de ceux quitiraient, des croisées de la maison n° 30, à la fin de l’at-taque? — Oui. Quand on se rendit maître de la barricade,