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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

vant. un usage remarquable du pays, se mit à décliner lenom et le rang du défunt; puis, frappant à la porte, ilsollicita l’entrée du temple. Les princes et les princessesde la maison d’Autriche attendaient le mort et l’accom-pagnèrent dans le caveau où allait pour jamais descendrela fortune de l’Empire.

La mort du fds de Napoléon ne causa aucun étonne-ment parmi les peuples. On le savait d'une santé très-languissante. D'ailleurs, on avait parlé d'empoisonne-ment, et ceux qui croient tout possible à la frayeur ou àl'ambition des princes, ceux-là disaient : 11 porte un tropgrand nom pour vivre !

Quoi qu'il en soit de ces bruits, inépuisable aliment dela crédulité populaire, les hommes dévoués à la maisond'Orléans se trompaient, s'ils ne virent dans la mort duduc de Reischtadt que l’éclipse d'un prétendant. Car cettemort ne faisait que signaler la fatalité d’une loi terrible,en cours d’exécution dans ce pays. Pour trouver un suc-cesseur à Louis XIV , il avait fallu descendre jusqu’à sonarrière-petit-fils. 11 y avait eu la mort d’un héritier pré-somptif entre Louis XV et Louis XVI . Un autre héritierprésomptif, Louis XVII , avait cessé de vivre presque sansqu’on le sût. Le duc de Berri était tombé sanglant à laporte d’un spectacle. Leduc de Bordeaux venait de fairele fatal voyage de Cherbourg , et maintenant, c’était surl’héritier présomptif de Napoléon lui-mème que s’accom-plissait l’arrêt inexorable que Dieu , depuis plus d'undemi-siècle, semblait avoir prononcé contre l’orgueil desdynasties qui se prétendent immortelles. Je n’achève paspar respect pour un deuil qui dure encore ; mais la mortdu duc de Reichstadt ne devait point fermer la série.