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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

laient sans doute attendre au passage l'incrédulité, l'iro-nie et l'insulte.

11 avait donc été décidé qu'on prendrait un costumeparticulier. M. Edmond Talabot en avait fait le dessin etsurveillé l’exécution. Rien déplus élégant, déplus simpleet de plus commode que cet uniforme : un juste-au-corpsbleu qui s’ouvrait par devant sur un gilet dont l’o.uvertureétait cachée, une ceinture de cuir, un pantalon blanc, unetoque rouge, voilà ce qui le composait ; le cou était nu, etl'on devait porter la barbe longue, à la manière des Orien-taux.

La cérémonie de la prise d’habit fut le sujet de scènesétranges, mais qui donnent une idée assez juste de la se-conde phase du saint-simonisme. Le Père Enfantin , qui,depuis trois jours, s’était absenté, parut à deux heures, leG juin, aux yeux de la famille qui l’attendait avec*émotionet recueillement. A sa vue, il y eut parmi les fidèles commeun élan soudain d’admiration et d'amour, et tous se mi-rent à chanter en chœur :

Salut, Père, salut,

Salut et gloire à Dieu !

Et lui, pendant ce temps, ils s'avançait d'un pas lent etmajestueux, latètenue, la figure rayonnante. 11 avait con-fié la direction de la communauté pendant son absence ày IM. Michel Chevalier , Fournel et Barrault. Ce dernierprit la parole pour rendre compte au Père de tout ce quis’était passé. Enfantin s’exprima ensuite en ces termes :h Pendant mon absence, je me suis occupé avec Bouffard« et Iloart de la division de notre apostolat en deux bran-ci ches, apostolat régulier et apostolat séculier comme le