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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

d'affreux désordres. Quel spectacle, en effet, présentait aumoraliste cette société au nom de laquelle on accusait lessaint-simoniens d'immoralité? Sur vingt-neuf mille enfantsnés dans Paris , près de dix mille avaient été conçus dansdes embrassements illégitimes ; les collèges étaient infec-tés de vices par qui les enfants étiolés devenaient vieuxavant d'avoir atteint l’adolescence; les amours étaientsouillés d'un horrible venin qui empoisonnait jusqu’auxmamelles des nourrices; on ne pouvait faire un pas dansles rues sans s’y heurter au libertinage patenté, et naguèreencore, au Palais-Royal , dans le même palais qui abritaitla reine et sa jeune famille, la prostitution avait son sanc-tuaire impur. Que parlait-on de la famille dans une so-ciété où l’adultère était enseigné sur tous les théâtres,chanté par tous les poètes, représenté avec charme partous les artistes, paré dans tous les romans des grâces del'imagination et couvert par la sainteté de l'amour? Onavait cru flétrir le saint-simonisme en prononçant cemot : le droit du seigneur. Le droit du seigneur! il exis-tait dans la société que les saint-simoniens voulaient ré-générer, et c’était le droit du plus riche! Car, dans cettesociété, il était amplement pourvu aux plaisirs des hon-nêtes gens, et il y avait, à côté de l’armée des fils dupeuple, chair à canon jetée à l’agression étrangère, l’ar-mée des filles du peuple, malheureuses que la pauvretécondamnait au plaisir comme à une corvée infâme, chairbanale et vénale livrée d’avance à l'assouvissement dotous les appétits matériels. Ainsi, le vice avec l'hypocrisie,ou le vice avec l’impudeur et la faim ; au défaut de lacorruption poétisée, la corruption patentée ; en haut l’a-dultère, en bas la prostitution.