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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

« Eh bien, l'église chrétienne elle-même qui réprouvait« la chair, qui regardait la beauté comme l'arme privilé-« giée de Satan, n'aurait toutefois jamais ordonné prêtre« un homme difforme ou mutilé. Et, à notre époque,« lorsque dans l’armée il s’agit de former un corps qui« représente dignement, noblement, qui puisse inspirer« par la seule vue le respect, l'admiration ou la crainte ;« certes, quelque indifférent qu’on prétende être pour la« beauté, on est loin de la négliger. Ne dit-on pas que,« pour être dans les carabiniers, il faut être bel homme :« pourquoi ne saurait-on le dire des prêtres sans blesser« les oreilles de M. l'avocat-général ? 11 est vrai, la mis-« sion du soldat n'est pas la même que celle de notre« sacerdoce : l'un donne la mort, l’autre la vie. Mais je« ne vois pas que ce soit un argument contre ce que« j'avance. » La comparaison ne manquait ni de justesseni d’esprit; mais l’accusé s’étudiant de nouveau à décon-certer le tribunal par la fixité de son regard, le présidentdéclara tout-à-coup la séance suspendue, et dit à Enfan-tin . « Nous ne sommes pas ici pour attendre le résultat.« de vos contemplations. » Alors, se tournant vers lessiens avec le plus inaltérable sang-froid : «Encore, dit« le Père, une justification de leur incompétence! Ils« nient la puissance morale des sens, et ils ne compren-« nent pas que par mon seul regard j’ai pu leur faire per-« dre le calme qui convenait à leur rôle. » A la reprisede l'audience, Enfantin annonça que, puisque c’était un dis-cours qu’on attendait de lui, il allait parler, et après avoirtracé un tableau énergique de tous les désordres engen-drés par l'anathème que le christianisme avait lancé con-tre la chair : « Vous qui nous accusez, s'écria-t-il, si