CHAPITRE VIII.
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point tout-à-fait pour cela, et ils restèrent comme en dé-pôt dans les esprits d’élite, où ils devaient germer etsubir de fécondes modifications.
La session approchait. Le ministère, composé d’hommessans autorité et d’un talent médiocre, pourrait-il se main-tenir devant la Chambre et la dominer?
La victoire du mois de juin avait, comme on l'a vu,exalté les ministres à un point extraordinaire. Ilscroyaientaffermi pour long-temps leur pouvoir qu’un choc aussi ruden’était point parvenu à renverser. Leroi, de son côté, dé-sirait avec ardeur conserver dans son Conseil des hommesqu’asservissait à ses volontés leur insuffisance et le carac-tère peu élevé de leur dévoûment. Mais le langage desdéputés qui commençaient à se réunir dans la capitale, fitévanouir les espérances de la Cour; et bientôt il devintmanifeste qu’un Cabinet placé sous la dépendance abso-lue du roi trouverait dans la Chambre une résistanceinvincible. Le vice des combinaisons surlesquelles se fondele régime constitutionnel apparaissait ainsi dans tout sonjour, et les destins de la nation allaient flotter entre deuxpouvoirs aspirant l’un et l’autre à la souveraineté, et quela seule rivalité de leurs prétentions rendait d'avanceennemis.
Les trois hommes appelés par leur talent à tenir le scep-tre de la majorité parlementaire étaient alors MM. Thiers,Guizot et Dupin aîné. Parmi ces trois candidats il fallaitchoisir un premier ministre.
Les sympathies du roi étaient pour M. Dupin, qu’il avaitengagé depuis long-temps au service de ses intérêLs privés,dont il connaissait les secrètes faiblesses, et dont il n’avaitpas à redouter le puritanisme. Ce fut donc à M. Dupin