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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

de Fatnillc, ils n’avaient formé qu’une école : ce fut dansla maison d'F.nfantin que commença pour eux la famille.Dans la rue Monsigny, bruyant laboratoire de leur doc-trine, ils n’avaient eu ni le temps ni le repos nécessairespour s’étudier mutuellement comme individus : c’est cequ'ils firent à Ménilmontant, au milieu du silence et de lasolitude. Après leur séparation , les uns restèrent enFrance , où ils embrassèrent différentes carrières; lesautres partirent pour l'Orient, qui, remué alors de fonden comble par d’audacieux essais de réforme, semblaitappeler les conquêtes de l'intelligence.

Que si on cherche de bonne foi quelle a été l’action dusaint-simonisme sur la société française, on verra que cetteaction est loin d'avoir été stérile. La bourgeoisie, à lavérité, était trop solidement assise, quand les saint-simo-niens parurent, pour laisser entamer les principes en vertudesquels sa domination s’était établie -, elle n’accepta doncet ne garda de l'influence des saint-simoniens que ce quiconvenait à ses instincts et à ses intérêts, c’est-à-dire unpenchant plus prononcé pour les études économiques,une meilleure entente des travaux publics, une manièremoins étroite d’envisager l'importance de l’industrie.Quant aux idées des saint-simoniens sur la réhabilitationdu principe d’autorité, sur le crédit de l'État, sur l'abo-lition de tous les privilèges de naissance, sur la destruc-tion du prolétariat, et, dans la seconde phase du saint-simonisme, sur la mission religieuse du pouvoir combinéavec l’émancipation des femmes, la bourgeoisie ne pou-vait admettre de pareils systèmes, sans prononcer sapropre déchéance Aussi les repoussa-t-elle avec un em-portement sincère et un mépris simulé, mais ils ne périrent