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Tome troisième.
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CHAPITRE VIII.

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mission d'aller trouver M. de Broglie à sa maison de cam-pagne, et de lui proposer un portefeuille, avec M. Thiers pour collègue.

M. de Broglie hésita d’abord, et finit par déclarer qu’iln’entrerait dans le cabinet qu'à la condition d’y être suivipar M. Guizot. En vain lui fit-on observer que M. Guizot avait soulevé contre lui l’opinion publique -, que, dans lasituation des esprits, les services de cet hcmme seraientfunestes à la monarchie; que c’était ainsi qu’en jugeaientles députés les plus dévoués au trône, et, par exemple,MM. Jacques Lefèvre, Fulchiron, Jacqueminot ; que, s’ilconvenait quelquefois de se mettre au-dessus des clameursde la presse, au moins se devait-on de ménager les répu-gnances du parlement.M. de Broglie se montra iné-

branlable. Il fallut subir ses conditions. Et le 11 octobre,le Moniteur publiait la fameuse ordonnance qui appelait.aux affaires étrangères , M. de Broglie; à l'intérieur ,M. Thiers ; à l'instruction publique , M. Guizot , auxfinances , M. Humann. Le maréchal Soult garda le porte-feuille de la guerre avec le titre de président du conseil,et M. Barthe fut ministre de la justice.

Voilà comment fut formé ce ministère du 11 octobre,qui devait continuer le combat terrible engagé par Casimirl'érier, et dont l’existence ne fut qu’une longue tempête.

A ne considérer que l'importance personnelle ou letalent deceux qui le composaient, le ministèredans lequelM. Thiers entrait à côté du duc de Broglie et deM. Guizot ,était sans contredit le plus fort qu’on pût créer pour lacirconstance. Mais cela même était pour le roi un sujetd’atlliction. Convaincu avec raison que, dans un pays telque la France , où l’esprit d’examen avait fait de si rapides