CHAPITRE VIII.
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beaucoup plus de probité qu'on ne lui en supposait, et sesennemisluiadressaient à cetégarddesaccusations injustes.Mais, homme d'imagination, aimant les arts avec une pas-sion enfantine, dévoré de besoins frivoles, capable d’oublierles affaires d’État pour la découverte d’un bas-relief deJean Goujon , fougueux dans ses fantaisies, pressé de jouir,il donnait aisément prise à la calomnie. Quoiqu’il n’eûtpas de fiel comme particulier, il répugnait bien moinsqueM. Guizot , comme ministre, aux mesures violentes.Il est vrai qu'il n’avait pas, ainsi queM. Guizot , un des-potisme de parade : il eût volontiers fait peur à ses en-nemis, sans éprouver le désir de s'en vanter, l’essentielétant pour lui de mettre en œuvre le système d'intimida-tion que M. Guizot mettait en formules. Car l’un brûlaitd’agir, l’autre de paraître. Quelquefois, après avoir com-battu. dans le conseil, des desseins funestes, M. Guizot courait en faire l’apologie à la tribune, et y prononçaitdes mots implacables, de ces mots qui restent. Il n’enétait pas de même de M. Thiers* corrupteur infatigable dela presse, habile à ruser avec l'opinion, et courtisan heu-reux de cette portion de la bourgeoisie qui se piquait delibéralisme et d’orgueil national. Quoi qu’il en soit,M. Thiers n’avait ni l’amour de l'humanité, ni l'intelli-gence de ses progrès possibles; ne devinant rien au-delàde l’horizon, il n’avait nul souci du peuple, ne l’admiraitque sur les champs de bataille où il court se faire décimer,et ne le jugeait bon qu’à servir de matière aux combinai-sons de ces spéculateurs insolents qui, sous le nom usurpéd'hommes d’État, jouententre eux les dépouilles du monde.
Les ministres du 11 octobre trouvaient en arrivant auxaffaires deux grands actes à accomplir : il fallait que le