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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Dans son histoire de la Révolution française , il avait af-fecté de grandes connaissances stratégiques, et il n'eùtaimé rien tant que de monter à cheval, de passer destroupes en revue, de se mettre auprès du soldat en quêtede popularité. Éloquent, il ne l’était pas ; et sa petite taillelui donnait, à la tribune, un désavantage marqué. Mais ilexposait les affaires avec tant de lucidité; il parlait avectant d’abandon de son amour pour son pays; sa panto-mime était si expressive ; sa voix aigre et impuissanteempruntait de la fatigue quelque chose de si touchant,qu’il arrivait au succès par ses défauts même : l’absencede noblesse, la diffusion, l’excès de négligence, la trivia-lité. Dans une assemblée, personne ne savait mieux quelui se faire médiocre. Ses idées étaient manifestementtournées vers l’Empire. 11 voulait le pouvoir actif et res-pecté, il le méprisait scrupuleux. Les principes, il les dé-daignait avec étourderie, quelquefois avec impertinence;car, en politique,, il ne reconnaissait d’autre divinité quela force, et il l’adorait dans ses manifestations les plusopposées, pourvu, toutefois, qu’elle ne se présentât pointsous les traits du rigorisme. 11 l’aimait indifféremmentcomme moyen de tyrannie et comme instrument de ré-volte; il l'avait admirée dans Bonaparte , il l'avait admiréedans l'impétueux Danton , il l’eût admirée jusque dansRobespierre, si dans Robespierre il ne l’eût trouvée unieà l’austérité. Du reste, pas de tenue dans la conduite, peude profondeur dans les sentiments, plus d’inquiétude qued’activité, plus de turbulence que d'audace, de la suffi-sance quelquefois, etde l’élévation dans l’esprit s’il en avaiteu davantage dans le cœur. Sous beaucoup de rapports,M. Thiers était un Danton en miniature. 11 avait néanmoins