CHAPITRE VHI.
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l’amertume. À ce trait, le général Solignac crut recon-naître la haine que le maréchal Soult lui avait vouée ; ilprotesta, écrivit au ministre de la guerre une lettre véhé-mente, fit monter ses plaintes jusqu’au trône. Et ellesavaient d’autant plus d'autorité, que le général était endroit de rappeler de quelles précautions offensantes onavait entouré son commandement. Car, tandis qu’il faisaitla guerre aux Vendéens, plusieurs des autorités placéessous lui correspondaientavec un aide-de-camp de Louis-Philippe, M. de Rumigny, envoyé dans le Morbihan poury exercer, au nom de la Cour, une influence occulte, queservait à Nantes , d’une manière plus directe, la contre-police de M. Carlier. Voilà ce qu’avait été, à l’égard de laVendée , la politique du ministère : politique dépourvued’initiative, de décision, de franchise, de loyauté.
Au reste, le général Ronnet n’occupa qu’en passant leposte qui venait de lui être assigné, et il ne tarda pas àêtre remplacé lui-même par le lieutenant-général d'Erlon.
Ce fut sous le gouvernement militaire de ce dernier, etpeu de jours avant la formation du ministère du 11 oc-tobre qu’eut lieu, devant la cour d’assises de Rlois, leprocès de Caqueray fils, de Sortant, deCondé, de Cressonet autres chouans, au nombre de vingt-deux. La plupartfurent acquittés, quelques-uns condamnés à la détention.La modération de ce jugement était remarquable, au sortird’une guerre civile qui avait soulevé de si violentes pas-sions ; mais, outre que les accusés avaient été fort élo-quemment défendus par M. Janvier, homme d’un talentélevé et du caractère le plus généreux, les dépositionsavaient jeté une vive lumière sur la situation delà Vendée et sur la nature du soulèvement. Au milieu de tant d’exa-