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HISTOIRE DE DIX ANS.
gérations et de mensonges répandus par l'esprit de parti,ce ne fut pas sans surprise et sans émotion qu’on entenditun des témoins, capitaine du 41 e , dire la vérité sur ceuxqu’il avait combattus comme sur ceux qu’il avait servis.Ce loyal officier se nommait Calleran, il déclara que l’opi-nion avait été égarée par les récits des journaux et lesrapports des agents du pouvoir ; qu’on avait fait sonnerbien haut des victoires purement imaginaires, et dénoncéà l’indignation publique des faits mensongèrement pré-sentés ; que les paysans vendéens étaient en général debraves gens, animés d’un vrai patriotisme, et républi-cains, sinon par leurs idées politiques, du moins par leursmœurs, leurs habitudes, leur vie intérieure; que les pré-tendues distributions d’argent faites aux chouans se bor-naient à des sommes de 10, de 20 sous, données auxplus pauvres ; que le seul système à employer, vis-à-visde tels hommes et dans un tel pays, était un système demodération et d’équité. Mais à ces déclarations le témoinen ajouta d’autres où les bandes étaient formellementaccusées de brigandage. « Les bandes, dit-il, ne mani-« festaient leur présence que par des vexations de toute« espèce ; elles n’entraient chez le métayer que le fusil à« la main, et ne se faisaient servir qu'à coups de crosse ;« elles répandaient adroitement le bruit que la ligne était« avec elles et avait ordre de ne les point arrêter. Aussi« avaient-elles acquis par la terreur une telle influence,« que les métayers maltraités n'osaient ouvrir la bouche,« et que les pères ou les enfants des individus cruelle-« ment assassinés n’osaient donner des renseignements à« la justice.... En général, les bandes ne faisaient pas de« mal aux soldats. Un de mes soldats, le jeune Valleret,