CHAPITRE Vil!.
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condamnée au supplice d’étouffer la voix de son cœur, etpour qui le plus terrible des anathèmes se cachait dansune prière affectueuse, dans un vœu de parente et d’amie !
Déjà près de cinq mois s’étaient écoulés depuis l’entréede la duchesse de Berri à Nantes , et le lieu de sa retraiteétait encore un secret : soit qu’à force de prudence, ellefût parvenue à déjouer tous les efforts de ses ennemis,soit que le gouvernement eût apporté dans ses poursuitesune mollesse calculée. Car la duchesse de Berri, prison-nière, était un embarras et un danger. Son impunité, eneffet, désignait Louis-Philippe au mépris des peuples, samort le vouait à l’exécration des rois. Rendre la princesseà la liberté, c’était la rendre aux complots et à la guerrecivile ; la faire'juger, c’était mettre en action le principede l'égalité devant la loi, principe fatal aux monarchies 1 .Qui, d’ailleurs, la jugerait dans un pays qu’on voulaitmonarchique, cette mère d’un enfant, devenu roi par l’ab-dication de son aïeul ? La Pairie ? Devant une telle respon-sabilité elle aurait évidemment reculé d’épouvante. Unjury? Quelques hommes pris au hasard auraient donc pu,en montrant la justice désarmée devant la royauté de laveille, condamner par cela seul, comme coupable d’usurpa-tionetde félonie, la royauté du lendemain ! Invoquer, dansde semblables circonstances, le principe de la souverainetédu peuple, on ne le pouvai t sans attacher en quelque sortele mineur au pied du trône. Frapper dans la duchesse deBerri le crime de la révolte, on ne le pouvait sans rappelersous quel effort avait succombé la plus fondamentale deslois de la monarchie, l'inviolabilité de Charles X .
C’étaient là des considérations d’une haute importance.Elles durent prévaloir tant que la guerre étrangère ne
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