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HISTOIRE UE DIX ANS.
rant son séjour à Nantes , il en est une qui mérite d'êtrerapportée; elle était adressée à la reine des Français .
La voici :
« Quelles que soient les conséquences qui peuvent résulter pour« moi de la position dans laquelle je me suis mise en remplissant« mes devoirs de mère, je ne vous parlerai jamais de mon intérêt,
« madame. Mais des braves se sont compromis pour la cause de« mon lils, je ne saurais me refuser à tenter pour les sauver ce qui« peut honorablement se faire.
« Je prie donc ma tante, son bon cœur et sa religion me sont« connus, d’employer tout son crédit pouf intéresser en leur« faveur. Le porteur de cette lettre donnera des détails sur leura situation; il dira que les juges qu’on leur donne sont des« hommes contre lesquels ils se sont battus.
« Malgré la différence actuelle de nos situations, un volcan est« aussi sous vos pas, madame, vous le savez. J’ai connu vos« terreurs, bien naturelles à une époque où j’étais en sûreté, et je« n’y ai pas été insensible. Dieu seul connaît ce qu’il nous destine,n et peut-être un jour me saurez-vous gré d’avoir pris confiance« dans votre bonté et de vous avoir fourni l’occasion d’en faire« usage envers mes amis malheureux. Croyez à ma reconnais-« sance.
« Je vous souhaite le bonheur, madame. Car j’ai trop bonne« opinion de vous pour croire qu’il soit possible que vous soyez« heureuse dans votre situation.
« Marie-Caroline. »
Cette lettre, si touchante et si digne, fut portée àSaint-Cloud par un officier royaliste et remise décachetéeà M. de Montalivet qui en donna connaissance à la reine.L’officier attendait la réponse au bas de l’escalier. On luirendit la lettre, en lui disant que la reine ne pouvait larecevoir. Ce qui est certain, c’est qu’elle ne pouvait yrépondre. Malheureuse reine, qu’on avait pour jamais