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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

rente 3 p. 0/0? Que l’Europe était à l’abri de commotionsnouvelles ; que les entreprises de la légitimité n’étaient pasde nature à menacer d’une réaction prochaine le reposdes peuples. Et c’étaient là, pour les rentes 5 p. 0/0, ac-quises par Henri V, des motifs évidents de hausse. Ainsi,les rentes émises ne pouvaient baisser sans que les rentesacquises ne montassent. D'où il suit qu’en vendant celles-ci très-cher pour racheter celles-là fort bon marché, lacaisse de la légitimité devait, même dans l'hypothèse lamoins favorable, réaliser des bénéfices énormes. C’étaitfaire en grand l’opération que les habitués de la Bourse font en petit, sous le nom A'arbitrage.

En vaste plan fut construit sur ce projet financier. Leroi de Hollande n’ignorait pas de quelle importance étaitpour lui une diversion en Vendée , et il allait volontiersau-devant de toutes les combinaisons propres à faire re-tomber la Belgique sous son pouvoir. Dès le mois de juin,un agent avait été envoyé au prince d’Orange pour luiannoncer que s’il recommençait les hostilités, le roi deSardaigne était décidé, soutenu ou non par l’Autriche , àse déclarer contre la France . Mais cette ouverture n’avaitpas eu de suite à cause de la politique timide de la Prussequi fit savoir au roi de Hollande qu’elle l’abandonnerait,s’il lui arrivait de prendre l’initiative de la guerre. Depuis,la situation de l'Europe s’était compliquée encore davan-tage -, de sourdes divisions s’étaient introduites au sein dela Conférence de Londres ; la Russie, la Prusse, l’Autriche ,paraissaient disposées à se séparer de la politique suiviepar les cabinets des Tuileries et deSaint-James. Le fil desnégociations légitimistes fut renoué. La famille royaleexilée de France aurait quitté l’Angleterre et se serait ré-