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Tome troisième.
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CHAPITRE VIII.

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tories et rivale de Rothschild , aurait- émis, au nom deHenri V, 6 millions de rentes 3 p. 0/0. Le 3 p. 0/0 étantalors à 60, l’emprunt aurait produit 120 millions. Ce ca-pital aurait été employé à acheter aux diverses Puissancesde l’Europe , en rentes 5 p. 0/0 de quoi payer les 6 millionsde rentes 3 p. 0/0 émises. Or, le 5 p. 0/0 étant à 90, pourobtenir 6 millions en rentes 5 p. 0/0, il aurait suffi d'un ca-pital de 108 millions. De sorte que, sur les 120milhonspro-duits par l’emprunt, 12 millionsseraient restés à la dispo-sition de Henri V *. L’opération offrait donc deux avan-tages : 1° un bénéfice de 12 millions ; 2° une garantie so-lide assurée aux prêteurs, puisqu'elle reposait, non sur lecrédit d’une seule Puissance, mais sur celui de toutes lesPuissances prises ensemble. Cela posé, deux hypothèsesseprésentaient : ou bien la rente 3 p. 0/0 émise au nom deHenri V se serait soutenue, ou bien elle se serait affaissée.Dans le premier cas, le crédit du prétendant était fondé,et l’on pouvait faire des 12 millions de bénéfice l’usage leplus convenable pour le succès de la cause. Dans le secondcas, force était, à la vérité, d’employer l'argent en caisse àrelever la rente 3 p. 0/0 par des achats habilement calcu-lés ; mais ici éclatait tout ce qu’il y avait d’ingénieux dansla combinaison. Car, qu’aurait prouvé l’affaissement de la

1 Ce bénéfice de 12 millions résulte, on le voit, de ce qu’on vend 6 mil-lions de rentes à un prix plus élevé que celui auquel on les achète. Rendonsceci sensible par un exemple. Si une rente de 3 fr. coûte 60 fr., cinq rentesde 3 fr. ou 15 fr. de rente, coûteront cinq fois 60 fr. ou 300 fr. Si une rente de5 fr. coûte 90 fr., trois rentes de 5 fr. ou 15 fr. de rente, coûteront trois foisSO ou 270 fr. Donc, en vendant 15 fr. de rente dans le premier système, enmême temps qu’on les achète dans le second, on recevra une somme de300 fr. et on n’en déboursera qu’une de 270, ce qui constituera 30 fr. de bé-néfice.