Band 
Tome troisième.
Seite
376
JPEG-Download
 

3TG

HISTOIRE DE DIX ANS.

en faisant observer que, la première, M"” Boury avaitdonné le signalement du coupable, et que la plupart desdépositions faites après la sienne s’étaient rapportéesà ce signalement ; d'où il fallait conclure qu’elle avait ditl’exacte vérité, à moins qu'on ne lui supposât un rare talentde divination.

L’accusation fut abandonnée à I’égardde Benoist, et sou-tenue avec un acharnement extrême contre Bergeron, parle procureur-général, M. Persil, et son substitut, M. Franck-Carré. Mais l’accusé et M* Joly, son habile défenseur, larepoussèrent avec autant de bonheur que d’énergie, et netardèrent même pas à prendre l’offensive. Après huit joursde débats orageux, qui se terminèrent, du côté de Berge-ron, par une profession de foi républicaine, très-noble ettrès-fière, le jury prononça un verdict d’acquittement. Desacclamations joyeuses se firent entendre et se prolongèrentsur le quai de l’Horloge , que couvrait une foule impa-tiente et que sillonnaient de nombreux soldats.

Armand Carrel , qui avait suivi les débats assidûment,rendit compte de ses impressions, dans le National , de lamanière suivante :

« Le jeune Bergeron a débité avec émotion et naturel« une courte défense noblement écrite et fermement sen-« tie, et qui prouvera aux gens qui se connaissent en« hommes, que celui-ci n’est point un homme ordinaire.« C’est le résultat de presque tous les procès politiques« intentés jusqu’ici à l'opinion républicaine. Ils n'ont« rendu d'autre service au pouvoir que de mettre en relief« des caractères d'une forte trempe et des talents pleinsc< d’espérance. Tel est le jeune accusé dont le jury a pro-« noncé aujourd'hui l’acquittement. »