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Tome troisième.
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CHAPITRE VIII.

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des renseignements précieux, un camarade de collège deBergeron, nommé Janetv. Janety prétendit que, se trou-vant le 19 sur le quai Voltaire avec le sieur Planel, ilavait rencontré Benoist et lui avait entendu dire que Ber-geron venait de tirer sur Louis-Philippe , qu’il avait dé-ployé beaucoup de sang-froid et s’était soustrait à unearrestation par sa présence d’esprit. Mais Planel, Benoistet plusieurs autres personnes démentirent les principalescirconstances du récit de Janety. Quelques-uns de sesparents, son frère lui-même, affirmèrent qu’il était natu-rellement porté à l’exagération et au mensonge. Bergeronet Benoist furent néanmoins renvoyés devant la courd’assises, le premier comme auteur, le second commecomplice de l’attentat du Pont-Royal.

Plus tard, les débats s’étant ouverts sous la présidencede M. Duboys (d’Angers ), dont les journaux remarquèrentla partialité, involontaire sans doute, cent trente témoinsfurent entendus. Parmi eux figurait M u “ Bourv, qui, aprèsavoir été l’héroïne du drame, était descendue au rôle desimple comparse. Tant qu’on avait espéré obtenir d’elledes aveux accusateurs, on l’avait environnée d'hommages,accablée d’éloges : le jour où son témoignage conscien-cieux, invariable, désintéressé, put être invoqué en faveurdes prévenus, on oublia l'immense service qu’elle avaittrès-vraisemblablement rendu au roi, pour ne songer qu’àsa franchise importune. Les témoins, jaloux de ressaisirl’importance dont elle les avait frustrés, s’accordèrent, surles interpellations encourageantes du procureur-généralet du président, à lui contester la part de gloire qu’elles’attribuait. 11 y en eut qui allèrent jusqu’à nier sa présencesur le lieu de l’attentat. Bergeron déjoua cette manœuvre