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Tome troisième.
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CHAPITRE VIII.

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« liberté fournissant à la tyrannie de sanglants sacrifices,« puis enfin les jours de juillet, qui au droit sacré du« peuple ajoutèrent le droit du plus fort.

« Je pourrais compter peut-être tant de victoires et de« désastres, tant de puissants travaux ; je pourrais recueil-li lir ces leçons que la France a données au monde ; mais« que trouverais-je pour résultat de ces enseignements,« de ces efforts? Rien que des hommes comme ceux qui« nous gouvernent ; rien que des lois comme celles qu’on« vous demande d’appliquer.

« En être encore à l’article 291, certes, c’est une énigme« inconcevable, désespérante, messieurs..., s’il ne se« trouvait des citoyens pour le violer, des jurés pour les« en absoudre. »

M. Godefroi Cavaignac n’avait pas trop auguré de l’opi-nion des jurés auxquels il s'adressait. La défense ayant étécomplétée par quelques graves et énergiques paroles deMM. Plocque, Desjardins, Carré, Gaussuron-Despréaux, laclôture des débats fut prononcée, et M. Fenet, chef dujury, donna lecture de la déclaration suivante :

Y a-t-il eu association de plus de vingt personnes? Oui.— Cette association était-elle périodique? Oui. — Était-elle autorisée parle gouvernement? Non. — Les prévenussont-ils coupables? Non.

Ainsi, le même fait que la cour de cassation avait jugécoupable, lorsqu’elle avait rejeté le pourvoi des saint-si-moniens, le jury venait de le déclarer innocent! Ainsi,l’article 291, confirmé par une magistrature émanant duPouvoir, venait d’être implicitement aboli par une magis-trature sortie de la nation! Et, pour qu'il ne restât aucunnuage sur la pensée qui avait dicté son verdict, le jury eut