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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Ces explications de M. Codefroi Cavaignac indiquent' d'une manière assez exacte jusqu’où allaient et où s’arrê-taient, vers la lin de 1832, les opinions de la plupart desrépublicains. Le discours de l'accusé se terminait en cestermes :

« Sur le sol que nous exploitons, vous n'avez pas le« droit d’empêcher que nous fondions notre commune.h La loi, dites-vous? mais elle parle ici le langage de la« force, et ce langage n’est pas à notre portée. « Tu me« cites, disait un protestant à un inquisiteur, tu me cites« une loi qui nous défend de nous réunir : comment« veux-tu que j’exécute une telle loi? je ne la comprends« pas. »

« Non, nous ne la comprenons pas, et lorsque du pré-« sent nous revenons vers le passé, tout ceci nous semble« un rêve. Hier encore je parcourais les tables du Moni-« teur , j’y trouvais indiquées ces journées fameuses, ces« grands travaux, ces guerres gigantesques, toute la vaste« entreprise du peuple français pour la conquête de ses« droits. Je suivais cette trace lumineuse que le génie de« la liberté a jetée sur les quarante années, nos contem-« poraines, et sur les événements qui, d’un pôle à l’autre,« ont ébranlé la terre, ne laissant debout que la fortune« des nations. Je voyais ce génie libérateur songeant à« tous les peuples, faisant de leur cause sa cause, et pour« les soutenir, choisissant la France , l’armant, l'inspirant,« lui souillant au cœur une énergie incroyable, et rem-« plaçant dans ses veines tout ce sang qu’elle a prodigué.

« Je voyais nos triomphes, puis nos revers, dignes en-« core de nous, montrant tous les bras de l'Europe ten-« dus pour nous renverser ; puis, sous les Bourbons, la