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Tome troisième.
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CHAPITRE IX.

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voir à faire réussir des combinaisons aussi ouvertementdirigées contre nos intérêts et notre honneur, c’est ce quela postérité, sans doute, aura^le la peine à croire. Nous-

mème,sous les révélations douloureuses que nous a four-

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nies une enquête longue et opiniâtre, nous-mème nousn’aurions jamais jugé de tels attentats possibles ; et il estcertain que la France ne les aurait pas soufferts, sans lesténèbres dans lesquelles la diplomatie ensevelissait lahonte de ses artifices.

Il faut ajouter que rien n’était plus propre à compro-mettre le succès du siège projeté, que l'inaction imposéeaux Belges. Car, pour rafraîchir la garnison de la cita-delle d’Anvers , pour la renforcer en temps opportun, et lamettre en état d’opposer aux Français une longue ré-sistance, les Hollandais n’avaient qu’à couper la digue del'Escaut près du fort Sainte-Marie et celle de Blockersdick.On n’ignorait pas que tel était leur dessein ; que, pourl’accomplir, ils avaient préparé des bâtiments sur lesquelsétaient embarqués des outils à pionniers ; et il était pro-bable que cette entreprise sur les digues serait tentée aupremier bruit de la marche des Français . Aussi le généralEvain, ministre de la guerre en Belgique , avait-il pris sesmesures en conséquence. Il s’agissait donc desavoir si, encontraignant les Belges à laisser paisiblement couper lesdigues, on assurerait, à l’ennemi qu’on allait combattredes avantages qu’on pouvait, en laissant agir les Belges,lui ravir si facilement. Que ferait-on, d’ailleurs,si, commeon devait le prévoir, la Belgique se révoltait contre le rôledont on prétendait lui imposer l’opprobre? En*vertu dequel droit lui défendre de revendiquer elle-même son bien,de reprendre à ses risques et périls son territoire usurpé?