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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Et dans le cas où elle refuserait de se soumettre à desconditions vraiment dégradantes, emploierait-on lesarmespour la réduire? Les Français , accueillis par elle commedes alliés, se changeraient donc pour elle en ennemis, enoppresseurs! Et que serait-ce si, la flotte et la flottillehollandaises venant à engager leurs feux avec ceux de laplace d’Anvers, le général Chassé , commandant la cita-delle, se mettait à bombarder la ville ? Par quel insolentet criminel abus de la force empêcherait-on les Belges,attaqués, de se défendre? Irait-on jusqu'à dire à deshommes tenant à la main une épée : On ravage vos cités,on jette l'épouvante parmi vos mères et vos femmes, onenvoie la mort dans vos maisons croûlantes... n'importe !Tout ceci ne regarde que nous ! »

Voilà pourtant à quelles conséquences odieuses et ridi-cules pouvait conduire le parti pris d’exclure les Belgesde toutes nos opérations militaires. Mais ainsi l’ordonnaitla diplomatie, et le Cabinet des Tuileries ne voulait àaucun prix la braver ou lui déplaire.

Quoi qu’il en soit, la nouvelle de ce qui se préparaits’étant répandue en Belgique, le gouvernement français y devint, plus encore que les Cabinets étrangers, l’objetde malédictions violentes. l)e toutes parts on s’indignaitcontre un appui dans lequel l’orgueil d’une nationaliténaissante ne voyait plus qu’un affront sanglant. Les ha-bitants, qui l'année précédente s’étaient offerts de bonnegrâce à héberger les troupes françaises, rédigèrent péti-tions sur pétitions, pour demander qu’on les exemptâtde la charge dont les menaçait la nourriture des officiers;et les réclamations à cet égard devinrent si nombreuses,si vives, si hautaines, que le ministre de la guerre en