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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

taquable. C’est ainsi qu’il envoya le général Gourgaudsous les murs d’Anvers , pour s’assurer si le général N'eigreavaitfait les approvisionnements de poudre nécessaires. Lacorrespondance du général Neigrene laissait aucun douteà cet égard, et il fut prouvé que la provision était beau-coupplusque suffisante. Justement irrité, le général Neigreoffrit d’abord sa démission, mais, sur les représentationsdu général en chef, il resta au poste d’honneur que, de-puis le commencement du siège, il avait si bien occupé.

Au milieu de tant d’obstacles et de tiraillements, le ma-réchal Gérard déployait une fermeté admirable et une pru-dence consommée ; les travaux avançaient rapidement, et,dirigé avec la plus grande justesse, le feu des Français avait fait de l’intérieur de la citadelle un immense amasde décombres. Gravement malade, le général Chassé nes’était presque point montré à la garnison : c’était le gé-néral Favange qui soutenait tout l’effort du siège. Mais lemoment arriva où il fallut céder. Depuis plusieurs jours,les souffrances delà garnison étaient au comble; les Fran-çais ayant mis à sec les fossés de la citadelle, les Hollan-dais ne pouvaient plus se procurer l’eau nécessaire ; deuxpuits qui leur restaient furent détruits par les bombes desassiégeants ; pas un bâtiment qui ne tombât en ruines ;l'hôpital casematé menaçait de s’écrouler et d’écraserdanssa chute tous les blessés qu'on y disputait à la mort ;enfin, la garnison, entassée dans les poternes, sentait sesforces entièrement épuisées. Telle était, décrite par le gé-néral Chassé lui-même, la situation des troupes hollan-daises, lorsque les Français se préparèrent à livrer l’as-saut. Ils venaient de faire à la face gauche du bastionn° 2, une brèche énorme qui avait comblé près de la