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HISTOIRE DE DIX ANS.
s'ils s'engageaient à ne point servir contre la France etses alliés, tant que les arrangements à intervenir entre laBelgique et la Hollande ne seraient point terminés. Le gé-néral Chassé répondit en son nom et au nom de ses com-pagnons d'armes, qu’il n'était pas autorisé à souscrire àun semblable engagement.
Tel fut ce siège mémorable entre tous ceux qu’a men-tionnés l'histoire. Les soldats français , quoiqu’appartenantpour la plupart à une génération que les guerres n’avaientpoint encore éprouvée, y furent admirables d’ardeur, dediscipline, d’intrépidité. Généraux, officiers, soldats, yfirent leur devoir, mieux que leur devoir même; et, se-condé puissamment par les généraux Saint-Cyr Nugues,Haxo, Keigre, le maréchal Gérard, sur qui pesait plusparticulièrement l’entreprise, y rendit à son pays un ser-vice inestimable.
Le duc d’Orléans , on l’a vu, avait suivi l’armée; il sutpayer bravement de sa personne. Obéissant à une inspira-tion malheureuse, le maréchal Soult demandait qu’onretirât l'héritier présomptif de la couronne du service pé-rilleux de la tranchée, pour l’envoyer en observation; lemaréchal Gérard s’y opposa, jugeant qu’il convenait malà un prince de fuir le danger, ce dont le duc d’Orléans luimarqua beaucoup de reconnaissance.
Ainsi, nul dans l’armée n’était resté au-dessous de sonrôle, et désormais il demeurait démontré, aux yeux del'Europe , que l’irruption d’un grossier mercantilisme n’a-vait pas encore effacé entièrement les caractères distinc-tifs de notre vieille nationalité ! Il restait démontré que lesbatailles de l’Empire n’avaient pas tari la source de cesang généreux qui, à tant d’époques diverses, coula pour