DOCUMENTS HISTORIQUES.
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principes et de leurs votes. S’il n'a pas été en leur pouvoir de ramener legouvernement aux conditions de sa propre conservation, il est du moins enleur pouvoir de signaler le danger
Notre révolution de 1880 a été diversement appréciée. Les uns n'y ont miqu'un incident, qu’une modification de la Restauration, et ils en ont concluque les hommes et les principes de la Restauration devaient cire fi s prin-cipes et les hommes du gouvernement nouveau. L’influence de ei lte opi-nion s'est retrouvée dans toutes les phases de la longue et stérile sessionqni vient de s’accomplir. On l'a reconnue dans les débats sur la liste civile,sur l’hérédité de la pairie, sur l’organisation de l’armée; elle a présidé à ladiscussion du budget ; elle dirige l’administration de l’empire, et règle sonattitude vis-à-vis de l’étranger,
Les autres, et les soussignés sont de ce nombre, ont salué, dans la révo-lution de juillet, la consécration définitive des principes et des droits pro-clamés par la grande révolution de 1789. Ces principes et ces droits, telleest la base large et puissante sur laquelle ils auraient voulu asseoir letrône. Leurs discours et leurs votes ont été constamment la conséquencede celte pensée.
Ainsi, lors de la discussion de la liste civile, nous avons cru que laroyauté nouvelle avait d’autres conditions de force et d’existence que lelave et la corruption des vieilles monarchies ; que, forte de son originepopulaire et de la raison publique, elle n’avait besoin ni de frapper les ima-ginations par son opulence, ni d’acheter des dévoùments ; dans la mêmediscussion, et sur l’insistance du ministère à rétablir, dans notre langage etdans notre droit politique, l’expression féodale de sujets, nous avons dûprotester.
Les débats sur la constitution de la pairie ont été un vaste champ où lespartisans des doctrines du régime déchu ont fait connaître à la fois leursdésirs et leurs regrets. A les entendre, rien de plus sacré que les privi-lèges préexistants à la révolution, et suivant eux, point d’État, point desociété possibles hors de l’hérédité de la pairie. C’était une pensée deRestauration.
Quant à nous, fidèles an principe el’égalité et de souveraineté nationale,nous avons fait prévaloir le vœu de la France , et l'hérédité a été abolie.
Nous voulions plus : nous demandions que le pouvoir législatif, mêmedans l’autre Chambre, dérivât d’une délégation du souverain, c’est-à-direde la nation. Nous ne voulions pas que certains pairs pussent se dire pluslégitimes que le roi. Il nous paraissait que la révolution devait élire sesfégislateurs, comme elle aurait dû instituer scs juges. La majorité en a jugé.autrement : le temps et l’expérience prononceront entre elle et nous.