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Tome troisième.
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DOCUMENTS HISTORIQUES.

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Ils savaient que l’immense majorité de la nation et de la Chambre des■députés voulait abolir l’hérédité de la pairie, et ils ont traité de visionnaireet de,folle la volonté nationale et parlementaire.

Ils avaient déclaré qu’ils feraient régner l’ordre légal, et il n’est pas uneloi dont ils n’aient perverti ou-faussé l’application ;

Qu’ils s’appuieraient sur les Chambres, et ils ont étouffé leur initiative;qu’ils acquitteraient, par l’hospitalité, la dette de la France envers lespatriotes réfugiés de la Pologne, de l’Italie, de l’Espagne , et ils ont flétricette hospitalité par les conditions honteuses qu’ils y ont attachées.

Ils nous garantissaient la sécurité intérieure, et sans cesse elle a ététroublée par des émeutes, par des conflits violents entre les peuples et l’au-torité, par les agressions de plus en plus audacieuses du gouvernementdéchu.

Ils nous annonçaient un désarmement général, et [ils nous ont si bienenlacés dans un dédale inextricable d'intrigues diplomatiques, qu’il leur estimpossible à eux-mêmes d’assigner un terme à cet état d’anxiété qui n’estni la paix ni la guerre, et qui tue notre commerce et notre industrie.

Enfin, dans quelle situation le système de la quasi-légitimité laisse-t-illa France , après deux ans d’expérience? Au-dehors, la coalition des roisn’est-elle pas plus menaçante que jamais? Au-dedans, la guerre civilen’est-elle pas flagrante? Ces soldats qui bordent nos frontières, ces com-plots, ces tentatives, ces troubles sans cesse renaissants dans l’Ouest et dansle Midi, ne suffiront-ils pas pour ouvrir les yeux du Pouvoir? Attendra-t-il,pour se prononcer, que nos départements soient en feu, nos provinces en-vahies, la France compromise, et qu’elle ne puisse se sauver qu’en prodi-guant à la fois ses enfants et ses trésors?

Nous le proclamons avec une douloureuse et profonde conviction : que cesystème se prolonge, et la révolution de juillet et la France sont livrées àleurs ennemis.

La Restauration et la Révolution sont en présence; la vieille lutte quenous avions crue terminée recommence. Que le gouvernement choisisse :la position équivoque qu’il a prise n’est pas tenable. Elle ne lui donne niles forces de la Restauration, qui est irréconciliable, ni celles de la Révolu-tion, qui s’irrite etse défie.

La France de 1830 a pensé, comme celle de 1789, que la royauté hérédi-taire, entourée d'institutions populaires, n’a rien d’inconciliable avec lesprincipes de la liberté. Que le Gouvernement de juillet rentre donc avecconfiance dans les conditions de son existence. Le monde entier sait ce quela révolution française apporte de puissance à ceux à qui elle se donne ;mais elle veut qu'on se donne à elle sans retour, sans arrière-pensée.