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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

été celle de 1789 : point de guerre d'ambition ni de conquête, mais indé-pendance absolueàl’intérieur de toute influence étrangère. C’est la rougeursur le front que nous avons plusieurs fois, dans le cours de la session,entendu les agents du gouvernement parler de la crainte de déplaire auxCabinets étrangers ; nous croyions que la France était à jamais affranchiede cette humiliante influence : nous ne désavouons pas nos vives sympa-thies pour le bonheur et la liberté des autres peuples, mais nous n’avonsjamais eu la prétention de les soumettre à nos institutions.

Après le renversement d’une dynastie imposée par la Sainte-Alliance,le gouvernement devait surveiller avec inquiétude les mouvements desmonarques étrangers. 11 ne devait pas leur permettre surtout d’étendre etd’augmenter leur puissance.

11 l’avait reconnu lui-même, quand il avait annoncé à la France l’inten-tion de secourir l’Italie contre l’Autriche, et de protéger contre la Russie lanationalité polonaise . Et cependant, malgré ses promesses formelles, mal-gré les intérêts anciens et nouveaux de la France, il a abandonné l’Italie à la domination de l’Autriche et il a laissé périr la Pologne, celte Pologne que nous pouvions secourir, quoi qu’on en ait dit à la tribune, et que notredevoir était de sauver.

Que l’on ne croie pas qu’un langage mesuré et ferme eût amené la guerre :nous croyons au contraire que c’était le seul et le plus sur moyen de conser-ver la paix.

En résumé, la paix avec l’indépendance et la dignité de la France , l’ordrepar la liberté, une fidélité inaltérable à la pensée de la révolution de juillet,pensée de nationalité, de justice, d’ordre, de gloire et de modération, deliberté et de civilisation générale, pensée glorieuse et pure que nous aimonsàreproduire, que tous nos votes ont fidèlement exprimée, que nos cœurs n’ontjamais trahie : telle a été et telle sera toujours notre religion politique.

Loin de nous d’imiter nos adversaires dans leurs violences et leurs ca-lomnies. Mais que les hommes du 13 mars nous disent si une seule deleurs promesses a été tenue ?

Ils devaient réunir autour du trône toutes les opinions, et ils ont jeté desdivisions funestes parmi des hommes généreux que rapprochaient l’amourde la liberté et le sentiment du danger de la patrie.

Ils devaient affermir la révolution, et ils ont brisé ses appuis naturelspar la dissolution des gardes nationales des villes les plus belliqueuses etles plus dévouées.

Us devaient favoriser la liberté de la presse, qui sauva la France , et ilsl’ont traquée avec leurs réquisitoires, ruinée avec les impôts, corrompueavec leurs amortissements, accablée avec les amendes.