HISTOIRE DE DIX ANS.
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Constantinople , ils avaient su obtenir des indigènes uneobéissance fondée sur l’opinion, et telle que le fatalisme lacomporte. D'un autre côté, trouvant des tribus profondé-ment divisées entre elles, ils s’étaient imposés par lebesoin d'une sorte d’unité protectrice, avaient enfiamméles haines locales au lieu de les éteindre, et s’étaient ren-dus de la sorte aussi nécessaires qu’odieux.
Mais des moyens de ce genre ne convenaient pas auxfrançais représentants de l’idée chrétienne Le succès,pour eux, était au prix de la justice, et, grâce au ciel, ilsne pouvaient déshonorer leur conquête sans risquer de laperdre. Les Turcs avaient divisé les Arabes pour les op-primer ; la France se devait de les gouverner en les rap-prochant : mission noble, et d’autant plus facile que lepremier besoin des Arabes était celui d’un gouvernementtutélaire, vigoureux et juste ! Il était donc permis d’espé-rer qu’au lieu d'entreprendre contre les indigènes uneguerre d’extermination, la France essaierait de les sou-mettre à l’empire moral de son génie; qu’elle songeraità coloniser l’Afrique sans toutefois négliger les moyensde l'occuper militairement, et, qu’à la suite de ses sol-dats, après une démonstration puissante et décisive, elle-enverrait dans l’Algérie des associations de cultivateursformées par l'État, dirigées par lui, et destinées à agran-dir, non pas la domination française, mais la partie fran-çaise.
Le nord de l'Afrique une fois gagné, le midi venait deJui-môme à nous, grâce au mouvement d’échange quiappelait, chaque année, dans la zone des terres de labour.les pasteurs des landes du Sahara .
Ainsi, la Méditerranée à rendre française, un sol fertile